Tudo Bom ? est une marque franco-brésilienne joyeuse et conviviale qui propose une mode équitable et pleine de séduction, optimiste et remplie de couleurs, accessible et facile à porter, écolo et de grande qualité, inspirée des pavés d’Ipanema et Copacabana. Et oui, rien que ça !
Pour la petite histoire, Tudo Bom ? est né en 2002, de la rencontre au Brésil entre Jérôme Schatzman et des couturières de Cascatinha, un quartier de Petrópolis à 65 kms de Rio. La couture est une des activités historiques du Brésil (et de l’état de Rio de Janeiro en particulier), aujourd’hui en crise. Le dynamisme, la bonne humeur et la volonté d’aller de l’avant de ces femmes nous ont donné envie d’entreprendre, pour elles et avec elles. Travailler dans le respect des hommes et des femmes, c’est génial, mais travailler dans le respect des hommes, des femmes et de l’environnement, c’est encore mieux. Alors comme le coton bio n’existait au Brésil qu’en très petites quantités, du coup on a monté avec nos petits bras musclés nos propres filières de production de coton bio et équitable, depuis le petit producteur indépendant qui plante le coton jusqu’à la confection à Petrópolis.
Toutes les explications de la filière, c’est par ici. Aujourd’hui, Tudo Bom ? c’est 5 personnes à temps plein au Brésil pour gérer la production (en plus des couturières et des producteurs de coton) et 10 personnes en France. En plus des permanents, Tudo Bom ? c’est aussi la conjonction de plein de forces en puissance, d’énergies positives mises en commun, de bonnes volontés nous permettant d’avancer et de construire au quotidien, de synapses servant à connecter des neurones surchauffés et bourrés d’idées…
Pourquoi travailler avec du coton bio ? On ne veut pas te gâcher ta journée, loin de là, simplement on voulait rappeler très vite, en préambule, que la culture du coton conventionnel est la plus polluante du monde : elle représente 24% des insecticides utilisés pour 2,4% des surfaces cultivées sur la planète, 25 millions de personnes tombent malades chaque année du fait de l’exploitation du coton conventionnel. Ça peut paraître un brin manichéen, certes, mais beaucoup de gens l’ignorent. Et comme c’est une des raisons à la base du projet Tudo Bom ?, autant le partager, non ? Le Brésil est un acteur majeur du coton conventionnel : c’est le 5ème producteur et le 3ème exportateur mondial en 2008. Le coton est la plupart du temps issu d’une agriculture dite « moderne » : de grandes étendues de monocultures, un usage intensif de pesticides, beaucoup de semences OGM. Même si la conscience verte est en forte progression au Brésil, les initiatives de production de coton biologique restent limitées. Et surtout il n’existe pas de filières établies, comme c’est le cas dans d’autres pays, comme l’Inde ou la Turquie. Il n’existe pas sur le marché d’offre de tissu bio, ni même de fil bio.
Tudo Bom ? crée des filières de production de coton.
Devant ce paradoxe, Tudo Bom ? a choisi de monter ses propres filières de production avec ses petits bras musclés et ceux de tous les gens impliqués sur place dans le projet, depuis le champ de coton jusqu’à la confection. Tudo Bom ? achète directement du coton auprès d’organisations de petits producteurs, dans les régions Sud (état du Paraná) et Nordeste (états du Rio Grande do Norte et du Pernambuco), en établissant des partenariats avec différents acteurs locaux – ONG, syndicats ruraux, structures publiques. Les producteurs attachent une attention particulière au respect de l’environnement, en suivant les principes de l’agriculture biologique. Dans le Nordeste en particulier, les agriculteurs pratiquent l’agroécologie, avec notamment l’idée de conviver com as pragas - ne pas tuer les parasites, mais « vivre avec ». Dans l’agriculture conventionnelle, lorsqu’un parasite apparaît, on applique un pesticide pour l’éliminer. L’effet des mutations rend les parasites de plus en plus résistants, et oblige à appliquer des pesticides de plus en plus forts, de plus en plus nocifs pour la planète et la santé des agriculteurs. Les producteurs partenaires de Tudo Bom ? ont développé un modèle original de cultures associées – le coton est intercalé avec du maïs, du haricot noir, et parfois du sésame, de la coriandre… Le haricot va attirer l’un des prédateurs naturels d’un ravageur du coton, qui sera ainsi contrôlé naturellement, par l’écosystème. Sur un territoire donné, la conséquence à moyen terme est une réduction du niveau de résistance des parasites, et par conséquent une augmentation de la productivité, sans avoir recours à des pesticides. Après la culture du coton, Tudo Bom ? organise les autres étapes de transformation – filature, tricotage ou tissage, teinture, confection et sérigraphie – en relation directe avec chacune des industries. A chaque étape, Tudo Bom ? veille au respect de l’environnement. Les colorants utilisés pour la teinture respectent le cahier des charges OEKO-TEX STANDARD 100, et les eaux usées sont traitées de manière rigoureuse. L’eau rejetée passe par 3 niveaux de filtrage, pour être rejetée limpide. La partie solide restante est stockée dans un espace dédié, et est régulièrement enlevée par un service public de traitement des déchets. Les sérigraphies utilisées sont à base d’eau, et la solution de révélation des cadres est sans métaux lourds.

Travailler dans le respect des hommes Malgré son dynamisme actuel, le Brésil est l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Les pouvoirs restent concentrés, que ce soit au niveau politique ou économique. Dans le monde rural se côtoient grands fazenderos, aux propriétés de plusieurs milliers d’hectares, et petits paysans cultivant un lopin de terre rocailleuse. Dans les villes les condominios les plus luxueux font face aux quartiers populaires et aux favelas. Malgré cela, on meurt rarement de faim au Brésil. En revanche, la précarité est très grande chez les classes les plus modestes – le travail est souvent informel, et les filets de protection très limités. Le chemin de l’ascension sociale est long et difficile, mais la descente peut être très rapide ! Pour Tudo Bom, l’objectif du commerce équitable est de contribuer à améliorer le sort des classes les plus modestes. Nous nous reconnaissons dans la définition de FINE* établie en 2001 : « Le Commerce Equitable est un partenariat commercial, fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l'objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du Commerce Equitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel. »
*FINE : Forum informel qui réunit les 4 principales organisations internationales de CE (FLO, WFTO, NEWS, EFTA).
Tudo Bom ? travaille avec des petits producteurs.
C’est pour cela que nous avons fait le choix de travailler en priorité avec des petits producteurs. C’est le cas de la production de coton, qui est entièrement issue de l’agriculture familiale. L’exode rural sauvage a eu des conséquences terribles pour le Brésil. Ne pouvant vivre dignement de leur travail, de nombreux paysans ont quitté la campagne pour tenter leur chance dans les grandes villes. Les favelas ont grandi, et sont devenues aujourd’hui des zones précaires et marginalisées, où règnent la violence et le non-droit. Pour Tudo Bom ?, le Commerce Equitable doit permettre aux petits producteurs de pouvoir rester à la campagne, en vivant dignement de leur travail.
Tudo Bom ? a également fait le choix de travailler avec de petits groupes de couturières, et non une grande usine pour la confection des vêtements. De la même manière que la terre, le capital est très concentré au Brésil. Les classes sociales se reproduisent, et l’ascenseur social fonctionne mal. Tudo Bom ? croit au soutien de l’entrepreneuriat de petites structures comme levier de développement. Renforcer l’autonomie de groupes de femmes issues de classes modestes, c’est contribuer à rééquilibrer les pouvoirs économiques.
Pour Tudo Bom ? le commerce équitable est loin d’être la solution à tous les problèmes du Brésil et de la planète. C’est à peine une tentative de montrer que le commerce peut être fait de manière différente, dans le respect et la transparence. Et ceci dans le monde réel ! Les tensions, les problèmes existent aussi. Mais nous croyons que le simple fait d’essayer est déjà une réussite, une interpellation pour le monde économique et politique.

What makes you ethical ? ... me disait cette acheteuse au salon Pure de Londres en août dernier. Droit dans les yeux, je te le demande, « mais d’où tu es éthique ? hein ? ». C’est bien beau de dire qu’on est équitable, encore faut-il le prouver ! Chez Tudo Bom ? on a toujours eu une approche très pragmatique. Notre premier référentiel de commerce équitable a été celui de la WFTO (World Fair Trade Organization), qui s’appelait l’IFAT à l’époque : 10 principes pour définir l’équitabilité de la démarche. Nous avons appliqué ces principes à l’activité de couture et nous sommes devenus membre de la WFTO. Elle regroupe des « pure players » du commerce équitable, ceux qui ne font que ça : producteurs, grossistes, distributeurs, certificateurs, ONG d’appui. L’entrée dans cette organisation nécessite l'approbation des autres membres. Cette adhésion signifie que le projet dans son ensemble respecte la démarche du commerce équitable. Ce fut la première étape. Tous les deux ans l’adhésion est remise en cause et nous devons analyser de nouveau nos pratiques pour vérifier que nous respectons bien les principes de la WFTO. En France, Tudo Bom ? adhère à la PFCE (Plateforme Française du Commerce Equitable) qui regroupe les acteurs du commerce équitable français prêts à jouer le jeu de la transparence. La PFCE audite chacun de ses membres régulièrement.
Transparence, le mot est lâché, pour nous, c’est la pierre angulaire de la démarche éthique ; d’abord être vraiment transparent. Dire là où on est bon, là où il nous faut encore progresser. Expliquer, raconter, montrer et laisser voir. Les ateliers avec lesquels nous travaillons peuvent être visités, de même que les fermes des producteurs de coton. Rien à cacher ! En France encore, Tudo Bom ? est l’un des membres fondateurs de l’AME (l’association des Acteurs de la Mode Ethique) et s’est de nouveau soumis à cette occasion à un audit extérieur. Au Brésil, Onda Solidaria, l’association qui porte le projet localement est membre du FACES do Brasil (Fórum de Articulação do Comercio Ético e Solidario) qui est le collectif des acteurs du Commerce équitable. Faces, ça veut dire « les visages ». Le collectif a notamment créé, avec le gouvernement une définition officielle du commerce équitable, chose que peu de pays ont réussi à faire. Onda solidaria est aussi membre de la WFTO. Ces différents réseaux sont autant de reconnaissance, par les autres acteurs du commerce équitable, du bien fondé de notre démarche. Cela prouve aussi que nous n’avons pas peur de nous montrer et de nous exposer à la critique. Pour être « vraiment équitable » il nous semble primordial de créer une relation d’égal à égal avec les producteurs, de créer des conditions qui leur permettront de défendre leur bout de gras en somme ! C’est très dur de vérifier que la relation est bien « d’égal à égal », mais nous nous y employons.
Nous avons approché FLO Cert (le certificateur de Max Havelaar) pour voir comment certifier notre filière. Pas de soucis majeurs sur la partie coton. Sur la couture, nous nous sommes heurtés à un problème inattendu. Notre système même, qui fait le choix de travailler avec les plus petits producteurs, ne rentre pas dans les critères de FLO. Non qu’il ne soit « pas assez juste », mais que les référentiels FLO ne prévoient pas vraiment ce type d’organisation de production. Du coup, la grille d’analyse, adaptée pour une usine, ne l’est plus du tout pour un atelier de 5 personnes. Malgré une bonne volonté partagée, nous ne sommes pas parvenus à conclure d’audit et avons décidé avec FLO de réfléchir à la meilleure manière d’adapter les standards et le mode d’audit de FLO aux tous petits ateliers de production. Voila une des raisons pour lesquelles Tudo Bom ? n’est toujours pas labellisé Max Havelaar, en plus du coût élevé - surtout pour de petites organisations - de la mise en place de cette certification. Au Paraguay, nous achetons du coton à un producteur qui a la certification « Fair for Life » de IMO. C’est une garantie supplémentaire. En plus d’être allé trois fois visiter le projet et les agriculteurs et d’avoir pu tester la transparence de ce partenaire. Nous attendons avec impatience la mise en place de la Commission Nationale du Commerce Equitable, prévue par la loi Dutreil d’Août 2005 (oui ça commence à faire un bail..) pour agréer les structures de commerce équitable en France.
-TUDO BOM? C'EST du coton écologique, en conversion vers le bio, ou parfois déjà bio, et c’est très important d’offrir des débouchés au coton en conversion.
-Tudo Bom ? c’est du commerce équitable, fondé sur une grande transparence et l’adhésion à plusieurs réseaux reconnus de commerce équitable.
-Tudo Bom ?, c’est le combat pour que l’on n’oublie pas les tous petits producteurs dans nos systèmes de certifications, pour que nous ne recréions pas de barrière à l’entrée insurmontable pour ces producteurs, car ça, ça ne serait pas équitable !